Soudan: avancée significative de l’armée au Nil Bleu et au Darfour

Soudan: avancée significative de l’armée au Nil Bleu et au Darfour

L’armée régulière enregistre des avancées au Nil bleu, mais aussi au Kordofan et surtout au Darfour, fief des FSR. Elle a officiellement annoncé ce 9 juillet la reprise de la ville stratégique de Kurmuk à la frontière avec l’Ethiopie. Cette ville était passée aux mains des paramilitaires et de leurs alliés, les Forces d’Abdelaziz el Hilu, après leur offensive en mars dernier.

Les combats entre l’armée régulière et les paramilitaires soudanais se sont intensifiés sur tous les fronts ces derniers jours : au Kordofan, au Nil Bleu mais aussi au Darfour. La ville de Kurmuk, au Nil Bleu, a été repris après six heures de violents combats. Son gouverneur a saisi l’occasion pour appeler les 70 000 personnes qui avaient fui les violence en mars dernier à revenir.

Quant au Darfour, l’armée réalise une avancée rapide vers la ville d’Al-Geneina, capitale du Darfour de l’Ouest. Elle est passée aux mains des FSR au tout début de la guerre. Ces habitants, à majorité Massalit, ont été massacrés. Il y a eu 15 000 victimes civiles, selon l’ONU.

Dans la région, l’armée a pris la localité d’Abou Srouj, Kulbus et Jabel Moun et se trouve actuellement à quelques 50 km au nord d’Al-Geneina, devenue l’un de plus grand fief des FSR au Darfour.

Pris de court et sous pression aux alentours de cette ville, les FSR ont envoyé du renfort. Mais leurs positions au Kordofan ont été visées par l’artillerie lourde et les drones de l’armée. Selon la Force conjointe alliée de l’armée, 10 000 combattants de cette Force et trois divisions de l’armée participent à cette offensive.
La frontière avec le Tchad, autre zone de tension

À part quelques localités à la frontière avec le Tchad, les cinq États du Darfour sont aux mains des FSR. Depuis quelques jours les combats s’intensifient dans cette zone frontalière et des milliers de civils ont été contraints à fuir. L’armée tente d’étendre son contrôle sur les zones frontalières avec le Tchad, l’Éthiopie et, dans un second temps, la Libye. Le but est de couper les routes de ravitaillement des paramilitaires.

Selon plusieurs observateurs, le conflit au Soudan est entré dans une nouvelle phase. L’armée, sous pression internationale et ne voulant pas du plan de l’envoyé du président américain pour l’Afrique, Massad Boulos. Le considérant comme trop proche d’Abou Dhabi, l’armée soudanaise refuse ses propositions.

Elle cherche donc à réaliser des progrès sur le terrain afin d’être en position de force. Elle mise sur le contrôle des routes stratégiques de ravitaillement pour priver les FSR en armes. Elle cherche également à ouvrir un corridor entre le Nord et l’Ouest du Darfour, ce qui lui permettrait de se maintenir. Libérer Al-Geneina est donc le prochain but stratégique sur lequel elle mise.